Dans « Chasse sauvage – Désir », le jeune auteur João Souza tisse un récit empreint de mystère, de tension et d’éléments surnaturels. Situé dans la ville énigmatique de Church Hill, le livre suit une protagoniste qui, en enquêtant sur le passé de sa famille, se retrouve prise dans une guerre silencieuse entre chasseurs et créatures. Dans une interview, l’écrivain revient sur la construction de cet univers dense, les conflits moraux qui animent ses personnages et la manière dont des thèmes tels que le deuil, l’identité et le passage à l’âge adulte s’intègrent à l’intrigue.

Vous avez écrit « Wild Hunt – Desire » à 16 ans, mais le livre aborde des thèmes assez profonds, comme le deuil, la culpabilité, le traumatisme et l’ambiguïté morale. Qu’est-ce qui vous a poussé à raconter une histoire d’une telle intensité émotionnelle si tôt dans votre vie ?

Mon désir a toujours été de faire de « Wild Hunt Desire » une histoire avec des éléments modérément fantastiques, ou peut-être des explications trop rationnelles, dans le but de la rendre sentimentale et complexe, de donner au récit une dimension tridimensionnelle et de le rendre plus cohérent avec notre société actuelle, rapprochant ainsi le lecteur.

Heather arrive à Church Hill, persuadée de prendre un nouveau départ, mais elle découvre un monde marqué par les secrets et la violence. Qu’est-ce qui vous a intéressé d’autre dans l’exploration de cette idée que parfois, un lieu qui semble être un refuge peut aussi se révéler une menace ?

Ce que j’ai trouvé le plus intéressant, c’est d’explorer les innombrables possibilités d’un environnement recelant suffisamment de secrets pour mettre Heather en danger, et de me connecter profondément à sa vie en tant que personnage.

Gaye est un personnage animé par une dualité très forte : la peur de perdre son humanité et le besoin d’accéder à sa propre bête intérieure. Comment était-ce de construire un personnage vivant en guerre contre lui-même ?

Il est assez difficile de s’habituer à un personnage comme celui-ci, mais à mesure qu’il prenait forme pour moi au fil de l’écriture, tout est devenu plus clair et j’ai appris à le connaître suffisamment pour savoir ce qu’il aime ou n’aime pas. C’est une renaissance.

João Souza
João Souza

La relation entre les chasseurs et les « anomalies » semble échapper à la dichotomie traditionnelle entre le bien et le mal, pour explorer des zones beaucoup plus floues. Était-ce précisément votre intention d’inciter le lecteur à remettre en question les idées préconçues sur qui est le monstre et qui est la victime ?

Absolument. Pour moi, la moralité est au cœur du récit, avec une exploration des notions de bien et de mal dans toute leur complexité. Faire le mal pour protéger un être cher peut être une action très positive, ou très négative. Heather devra commettre des actes répréhensibles pour de bonnes raisons, et alors, au final, que deviendra-t-elle ?

Le livre dégage une atmosphère de suspense psychologique très forte, notamment à travers cette idée de manipulation, de versions arrangées et de vérités dissimulées. Qu’est-ce qui vous attire le plus : l’horreur surnaturelle ou l’horreur humaine qui se cache derrière ?

L’horreur humaine me fascine, car elle constitue le fondement principal de la métaphore surnaturelle présente dans le récit. Notre monde regorge déjà d’horreurs qui peuvent servir de base à une histoire de ce genre.

Church Hill est presque un personnage à part entière dans le récit, son apparence paisible dissimulant une guerre silencieuse. Comment avez-vous procédé pour créer cet environnement et transmettre une telle tension et une telle méfiance ?

Certes, le brouillard et les rues désertes m’ont beaucoup aidée, et ils ont aussi transformé les doutes d’Heather sur la ville en ceux du lecteur.

João Souza
João Souza

Au-delà du fantastique et du suspense, le livre aborde également les thèmes de la maturité précoce et des relations familiales fragmentées. Dans quelle mesure le surnaturel a-t-il été utilisé pour amplifier des souffrances et des conflits très humains ?

Au point où les personnages ont commencé à agir selon leurs propres désirs et motivations.

En définitive, Wild Hunt – Desire semble interroger les limites que l’on est prêt à franchir par amour, pour survivre ou pour trouver la vérité. Après avoir lu cette histoire, quelle réflexion vous a le plus marqué ?

Après avoir créé tant de personnages avec leurs propres vies et motivations, je me suis appuyée sur l’empathie comme fondement pour prendre soin des autres, et sur l’importance de cette notion dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

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