Entre l’intensité du rock brésilien des années 2000 et la force d’un message de persévérance, le groupe Rádio Moscou a puisé l’inspiration pour un nouveau chapitre de son parcours musical. Sorti le 16 octobre, le single « Tudo Que Eu Não Sou » (Tout ce que je ne suis pas) mêle des influences nu metal et rap rock à une approche empreinte de résilience, de maturité et de détermination à poursuivre ses rêves, même face à l’adversité. Dans une interview, le chanteur Thiago Sabiá revient sur le processus créatif du morceau, l’évolution de sa technique vocale et la recherche d’un son qui puise ses racines dans une génération tout en affirmant une identité contemporaine.
« Everything I Am Not » parle de rêves, de dépassement des obstacles et de la décision de persévérer même quand les autres ne croient pas en vous. À quel moment avez-vous réalisé que ce message avait besoin de la force d’une chanson ?
Nous croyons que chacun, à un moment ou un autre, a dû faire face à la méfiance d’autrui, voire à ses propres insécurités. « Everything I Am Not » est né de ce besoin de transformer ces expériences en une source d’inspiration. Le rock a toujours eu cette caractéristique de questionnement, de réaction et de progrès. Nous voulions une chanson qui transmette cette énergie de refuser que les autres déterminent qui vous êtes ou jusqu’où vous pouvez aller.
Ce morceau puise ses racines dans les années 2000, mais il bénéficie d’une production actuelle, dynamique et urbaine. Comment avez-vous réussi à concilier ce souvenir du rock de cette époque avec un son plus contemporain ?
Les années 2000 ont été cruciales pour notre évolution musicale. Des groupes comme Papa Roach, Charlie Brown Jr. et Detonautas ont démontré qu’il était possible de mêler puissance, attitude et mélodies accrocheuses. Notre idée était de préserver cette essence, sans pour autant rester figé dans le passé. Nous avons intégré des guitares saturées, un chant plus agressif et des éléments électroniques qui donnent une nouvelle dimension à notre musique. Nous voulions qu’elle conserve l’énergie du rock qui nous a façonnés, tout en affirmant l’identité de Radio Moscou d’aujourd’hui.
La chanson a été composée par Thiago Sabiá en collaboration avec Paul Arnaud et Neto Alves. Comment cet échange de points de vue a-t-il contribué à construire le message de résilience véhiculé par la chanson ?
Composer ensemble permet d’envisager une même idée sous différents angles. Chacun apporte ses expériences, ses références et ses sentiments, ce qui enrichit la musique. Dans « Tudo Que Eu Não Sou » (Tout ce que je ne suis pas), cet échange a permis de construire un message direct sans recourir à de nombreuses métaphores. C’est une chanson sur l’identité, les choix et la décision de ne jamais baisser les bras. Nous pensons que cette identification à des situations réelles est précisément ce qui permet à la chanson de toucher un si large public.
Ce single s’inscrit dans la même veine que « A Volta Por Cima », mais avec une interprétation vocale plus mature et incisive. Qu’est-ce qui a changé dans la manière dont Radio Moscou exprime la force, la non-conformité et le dépassement de l’adversité dans ce nouveau titre ?
« A Volta Por Cima » porte déjà cette idée de dépassement des obstacles et fait partie intégrante de l’histoire du groupe. « Tudo Que Eu Não Sou » s’inscrit dans cette même veine, mais marque une nouvelle étape pour Rádio Moscou. Nous recherchons une plus grande intensité, tant au niveau du son que de l’interprétation. Thiago affirme de plus en plus son identité de chanteur, explorant de nouvelles possibilités et insufflant davantage de personnalité à son chant. Il ne s’agit pas seulement de chanter plus fort, mais de comprendre comment utiliser sa voix pour transmettre le message et faire ressentir à l’auditeur ce que la musique propose.

Thiago a perfectionné sa technique vocale auprès de grands noms comme Mauro Henrique et Fabrício Fonseca. Comment ce travail lui a-t-il permis d’élargir les limites techniques et émotionnelles de son interprétation ?
Étudier la voix, c’est comprendre qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre. Travailler avec Fabrício Fonseca et les ouvrages de référence liés à Mauro Henrique ont contribué à enrichir mon répertoire technique, notamment en explorant les dynamiques vocales, l’endurance et le contrôle. Cela me permet d’expérimenter des interprétations plus intenses sans dépendre uniquement de la force physique. Parallèlement, la technique doit être au service de l’émotion. Dans « Tudo Que Eu Não Sou » (Tout ce que je ne suis pas), l’intention était de trouver un équilibre entre contrôle, intensité et authenticité, afin que chaque phrase ait sa propre personnalité.
Ce morceau mêle voix brute, clarté des paroles, guitares percutantes, batterie puissante, programmation et boucles électroniques. Comment avez-vous conçu cet arrangement pour que la richesse instrumentale ne prenne pas le pas sur le message des paroles ?
L’arrangement a été conçu pour donner de l’impact à la musique sans rompre le lien avec le public. Les guitares et la batterie apportent la puissance, tandis que la programmation et les boucles ajoutent de la texture et une ambiance plus contemporaine. Mais tout doit servir la chanson. Le chant doit continuer à porter le message, surtout lorsque les paroles doivent être plus percutantes. Nous aimons la musique puissante, mais nous croyons aussi aux refrains accrocheurs et aux paroles que le public peut chanter en chœur pendant un concert. L’idée est que le public ressente la force de la musique et, en même temps, comprenne notre message.
Les influences de Rádio Moscou vont de Papa Roach à Charlie Brown Jr. en passant par Detonautas, oscillant entre rock alternatif, nu-metal et rap rock. Que représentent ces univers pour l’identité de Rádio Moscou ?
Ces références symbolisent la liberté de mélanger différents éléments sans perdre l’identité du rock. Papa Roach apporte l’agressivité du nu-metal et du rap rock ; Charlie Brown Jr. est profondément ancré dans le quotidien, les attitudes et la réalité des gens ; et Detonautas démontre que le rock peut être à la fois direct, mélodique et provocateur. Radio Moscou absorbe ces influences, mais porte aussi en elle notre propre histoire, nos expériences et nos racines du Rio Grande do Norte. Nous ne voulons imiter le son de personne. Nous voulons transformer tout ce qui nous a influencés en quelque chose qui possède notre propre identité.
La sortie est axée sur les plateformes numériques et la radio, mais vous travaillez déjà sur du contenu audiovisuel. Quelle image ou atmosphère envisagez-vous pour traduire visuellement cette énergie de résistance présente dans « Everything I Am Not » ?
Nous envisageons une esthétique urbaine, intense et pleine de personnalité, en résonance avec l’énergie de la musique. Une esthétique qui explore les contrastes, les ombres, les lumières et les images qui traduisent le mouvement, le conflit et le dépassement. Plus qu’un simple récit, nous souhaitons créer une atmosphère qui suscite le même sentiment d’agitation que celui exprimé dans les paroles. Il est également important de préserver l’identité visuelle de Radio Moscow et de mettre en valeur cette nouvelle étape du groupe. La chanson parle de refuser les étiquettes et de ne jamais renoncer à ses objectifs ; l’esthétique audiovisuelle doit donc refléter cette même attitude : regarder vers l’avenir, affronter l’adversité et aller de l’avant.
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