Nitro, l’un des groupes de rock les plus emblématiques du Nord brésilien, ouvre un nouveau chapitre de son histoire avec la sortie de « Seu Escravo » (Ton Esclave), un single disponible sur les plateformes de streaming musical depuis le 5 décembre via Marã Música. Après une série de titres plus énergiques, le trio formé par Dênis Carvalho, Lucas Souza et Rodrigo Erse (Rods) présente une ballade rock romantique qui marque un tournant esthétique et émotionnel. Composée par Dênis comme une déclaration viscérale à sa partenaire, la chanson célèbre l’amour, le partenariat et l’engagement émotionnel – des thèmes que le groupe considère essentiels dans cette nouvelle phase. Cette sortie confirme non seulement la maturité artistique du groupe, mais aussi la force qui a fait de Nitro l’une des voix les plus puissantes et engagées du rock contemporain du Nord brésilien.
« Seu Escravo » marque un tournant émotionnel dans votre répertoire récent, après la sortie de trois titres plus heavy. Qu’est-ce qui a motivé ce changement d’atmosphère, et pourquoi ce moment vous a-t-il semblé idéal pour révéler une facette plus romantique du groupe ?
Chaque album de Nitro comporte un moment de ballades romantiques ; il est vrai que la plupart des chansons sont sombres, avec des thèmes liés au système, mais nous réservons toujours un moment pour parler d’amour aussi.
La chanson était à l’origine une déclaration d’amour de Denis à son partenaire. Comment s’est passée la transformation d’un sentiment aussi intime en quelque chose de public, voire de collectif, au sein d’un groupe ? Y avait-il une certaine appréhension, ou était-ce naturel dès le départ ?
Comme je l’ai dit, parler d’amour est tout à fait naturel pour le groupe. Je suis amoureux de ma compagne, et les autres membres du groupe sont aussi mariés. La musique finit par représenter le groupe tout entier ; ce sentiment n’est pas forcé, vous voyez ? Je n’ai aucune peur, et le fait de l’annoncer publiquement permet de briser la glace avec les fans ! Les rockeurs aussi aiment leur moitié et se donnent corps et âme.

Dans la métaphore de la chanson, le terme « esclave » apparaît comme une soumission totale à l’être aimé. Comment percevez-vous cette vulnérabilité masculine dans le rock, un genre qui a toujours valorisé une image de force et d’invulnérabilité ?
Avant tout, nous croyons en cette chanson. Malgré l’attitude parfois brutale du rock, si on l’analyse bien, on y trouve toujours une dimension romantique. Je sais que dans « Seu Escravo » (Ton Esclave), nous sommes allés un peu plus loin, en abandonnant nos sentiments à notre bien-aimée par la soumission d’un esclave à sa disposition. Être l’esclave d’une femme, c’est génial ! Être l’esclave d’un homme, jamais !
Le groupe affirme que sa musique reflète ce que l’on vit. Que révèle ce moment de la carrière de Nitro – tant sur le plan personnel qu’artistique – quant à la maturité et à l’évolution du trio au cours des deux dernières décennies ?
La vie d’un groupe qui existe depuis tant d’années ressemble à un mariage traditionnel, sans le sexe, bien sûr. Les années passées dans un groupe leur confèrent une certaine légèreté dans la gestion de leur carrière, sans l’anxiété ni les exigences d’un adolescent ordinaire ; on constate que tout devient plus facile avec le temps.

Vous citez Roberto Carlos comme référence lorsque vous parlez d’amour et de partenariat. Quelles autres influences, rock ou non, ont contribué à façonner l’esthétique émotionnelle de « Seu Escravo » ?
Roberto Carlos, surtout durant sa période Jovem Guarda, était omniprésent dans tous les foyers de notre enfance et de notre adolescence, influençant la sensibilité romantique de nos parents. D’autres artistes comme Legião Urbana, Cazuza, Barão Vermelho, Rita Lee, Jota Quest, Queen et les Beatles, entre autres, ont également marqué notre sensibilité romantique.
L’idée même d’être esclave est une provocation, suscitant la réflexion de nombreuses personnes qui se demandent : « Comment peut-on être l’esclave d’une femme ? » C’est drôle, on ne peut pas être l’esclave d’une femme ?
Après la réédition de Pés no Chão, avec la participation de grands noms du rock brésilien, vous revenez avec un single plus intimiste. Comment cette récente expérience de collaboration a-t-elle influencé votre son et votre philosophie musicale dans cette nouvelle phase ?
« Pés no chão » a été un album très important pour notre carrière, un moment où, avec les invités, nous avons eu la certitude d’être mûrs, avec des amis de l’industrie musicale qui validaient notre travail, croyant que nous étions sur la bonne voie musicalement, que nous pouvions aborder des sonorités puissantes et des ballades romantiques. Tout va bien.

Cette chanson parle de reconnaissance, de partenariat et d’amour véritable. Qu’espérez-vous que le public ressente en écoutant « Seu Escravo » ? Y a-t-il une réaction particulière que vous rêvez de voir chez vos fans ?
Nous espérons que le public, et notamment les hommes, réfléchira à ce moment où les violences faites aux femmes sont très répandues dans notre pays, et que rien ne justifie une telle brutalité. Les femmes sont nos compagnes, nos amies, nos proches. On peut aimer et être aimé sans violence. Qualifier une femme d’esclave, c’est simplement reconnaître sa présence constante, exprimer sa gratitude, la remercier d’être toujours là. Nous aspirons à un plus grand respect pour les femmes.
Avec plus de 20 ans d’histoire et une phase plus émotionnelle à l’aube de leur prochain chapitre, comment imaginez-vous l’avenir de Nitro ? Peut-on s’attendre à davantage de morceaux dans cette veine émotionnelle, ou le heavy rock continuera-t-il de vibrer au cœur du groupe ?
Comme nous le disons toujours, nous allons parler des sentiments inhérents à l’homme : l’amour, la révolte, la protestation, etc. Ces chansons font partie d’un album que nous sortirons en 2026. Nous avons déjà sorti quatre singles extraits de cet album de douze titres, qui propose une forte dose de rock sous toutes ses formes.
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