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Le Duo Origens sort un EP et transforme les expériences urbaines en paysages sonores instrumentaux

Duo Origens (Thiago Rocha)

Le 6 mars, Duo Origens a sorti l’EP « Landscapes from the Weaver Princess », marquant le début d’une nouvelle phase créative pour les guitaristes Guilherme Mauad et Henrique Candido. Composé de trois titres inédits, ce projet propose une approche instrumentale mêlant guitare contemporaine, jazz moderne et musique brésilienne pour traduire souvenirs, espaces urbains et émotions en un récit sonore. Inspiré par des expériences vécues à Americana (São Paulo), l’EP affirme l’identité du duo en privilégiant des compositions qui mettent l’accent sur l’écoute, l’atmosphère et le dialogue instrumental, offrant ainsi à l’auditeur une expérience sensible et imaginative.

L’EP « Landscapes from the Weaver Princess » est né de l’idée de transformer les lieux, les souvenirs et les expériences de la ville en musique instrumentale. À quel moment avez-vous réalisé que la guitare pouvait servir d’outil narratif pour raconter ces histoires ?

La guitare a toujours fait partie intégrante de notre démarche musicale. Nous nous exprimons tous deux beaucoup à travers la guitare électrique, mais aussi, à diverses occasions, à travers la guitare acoustique. Je crois que le plus important a été de réaliser que Duo Origens avait quelque chose de particulier à offrir avec deux guitares, et surtout que notre puissance expressive combinée s’exprime pleinement dans cette formation.

Les trois morceaux de l’album semblent fonctionner comme de petites chroniques sonores de la ville d’Americana. Comment s’est déroulé le processus d’observation de la vie quotidienne et de transformation de ces expériences urbaines en composition musicale ?

En réalité, le processus s’est déroulé dans l’autre sens. Les chansons ont d’abord été conçues et développées. Puis, au fur et à mesure qu’elles prenaient forme, nous avons réalisé leurs similitudes avec des lieux emblématiques de l’Amérique. Non seulement des cartes postales classiques de la ville, mais aussi des lieux chargés de souvenirs, qui ont marqué notre enfance et des moments importants de notre vie.

Duo Origens (Thiago Rocha)
Duo Origens (Thiago Rocha)

Vous mentionnez rechercher non seulement la virtuosité, mais aussi l’imagerie, l’émotion et la narration. Comment conciliez-vous la technique de la guitare avec cette volonté de créer des paysages sonores qui invitent à une écoute plus contemplative ?

Nous pensons que la virtuosité n’est qu’un outil d’expression. Nous y avons recours lorsque nous estimons qu’il est essentiel, à un moment donné, de créer la palette émotionnelle spécifique aux récits souhaités. Pour nous, la virtuosité est au service de l’expression, et non l’inverse.

Le morceau « Pat Friendly » rend un hommage subtil à Pat Metheny. Comment son œuvre a-t-elle influencé l’esthétique et le développement sonore de Duo Origens ?

Pat Metheny est un phénomène de la guitare, et son œuvre a profondément influencé notre apprentissage. Ce qui nous inspire le plus chez ce grand maître, c’est son son unique. La manière dont Pat a cherché à forger son propre son et son expression a été, et reste encore aujourd’hui, une leçon précieuse pour Duo Origens dans cette quête.

Duo Origens (Thiago Rocha)

Dans « The Messenger », vous transformez le quotidien d’une rédaction en musique, grâce à des polyrythmies et des variations rythmiques. Comment vous est venue l’idée de traduire le flux d’informations en langage instrumental ?

En fait, comme nous l’avons dit précédemment, le processus était inversé. Le messager est apparu comme une page blanche, et à mesure que les idées musicales la remplissaient, nous avons compris comment le flux d’idées s’entremêlait et comment ses différentes sections s’alternaient, composant une œuvre unique, riche de parties diverses qui parlent d’elles-mêmes. L’analogie avec le journal est née de cette réflexion.

« Reclusa » est née du silence et de l’introspection vécus pendant la pandémie. Qu’a provoqué cette période d’isolement dans votre processus créatif en tant que musiciens ?

« Reclusa » (Recluse) était notre première composition. Une fois terminée, nous avons réalisé à quel point l’isolement nous avait affectés durant ce processus. De plus, nous avons constaté la dégradation des espaces publics à Americana, due au confinement lié à la pandémie, et l’abandon de biens communautaires tels que les places et les parcs. C’est ainsi qu’est née l’idée de rendre hommage à ces lieux chers à notre ville.

Duo Origens (Thiago Rocha)

Ce projet semble être né d’un dialogue très intense entre les deux guitaristes. Comment se déroule votre dynamique créative lors de la composition et de l’élaboration des arrangements ?

Exactement. L’idée maîtresse du travail de Duo Origens repose sur le dialogue entre les deux instruments, ce qui enrichit toutes leurs démarches, de la composition à la répétition et à l’enregistrement. Nous commençons généralement par une composition pour guitare (souvent d’Henrique), et une fois les parties de guitare à 7 cordes prêtes, la guitare à 6 cordes est introduite pour les sublimer, créant ainsi équilibre, harmonie et, souvent, même contraste, conférant à l’œuvre une dimension plus riche et complexe.

« Paysages de la princesse tisserande » inaugure une série de publications s’inscrivant dans cette démarche esthétique. Quelles pistes envisagez-vous d’explorer dans les œuvres futures de Duo Origens ?

L’idée est maintenant de continuer à enregistrer d’autres compositions qui rendent hommage aux cartes postales américaines, et qui, avec les 3 compositions déjà publiées, permettront de constituer un album complet intitulé « Paysages ».

Duo Origens (Thiago Rocha)

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