Le groupe [in] DEFENZA sort, le 30 mai, l’album « O Parasita da Galáxia » (Le Parasite de la Galaxie), une œuvre qui mêle puissance, mélodie et critique sociale dans un récit conceptuel sur le destin de l’humanité. Puisant ses influences dans le punk, le hardcore, le metal et le pop-punk, l’album aborde des thèmes tels que l’effondrement environnemental, les inégalités, le progrès technologique et l’illusion de sécurité face aux crises mondiales. Dans une interview, le groupe revient sur son processus créatif collectif, la construction d’un son viscéral et sa volonté de transformer les angoisses politiques et sociales en une musique intense, provocatrice et actuelle.
« The Galaxy Parasite » est né d’une critique très acerbe du faux sentiment de sécurité face à un monde qui s’effondre. Quelles préoccupations avez-vous abordées lorsque cet album a commencé à prendre forme ?
Cet album est né de l’observation de la vie quotidienne, des reportages et du paysage politique et social dans lequel se trouvent le Brésil et de nombreux autres pays, en conflit avec une population apathique, égoïste et constamment aliénée.
Vous décrivez l’ouverture de l’album presque comme une lettre ouverte aux dirigeants et aux figures puissantes de la planète. Qu’y avait-il d’autre d’urgent à dire dans ce manifeste ?
Ce morceau, le plus court de l’album, pourrait pourtant être le plus long, tant les absurdités qu’il relate sont quotidiennes et la liste des destinataires quasi infinie. Nous avons voulu que ce « prologue » soit le plus ludique possible, afin qu’il soit général et direct.
![[in] DEFENZA](https://joiedevivremag.fr/wp-content/uploads/2026/05/in-DEFENZA-2-Copy.jpg)
Aujourd’hui, le chaos mondial alimente le chaos mental et inversement. Il est important de prendre conscience de ce qui nous définit. Indefenza n’est pas qu’un groupe critique ; nous sommes des amis et nous jouons avant tout pour le plaisir, ce qui devient parfois difficile quand toutes nos chansons ont cette ambiance « pessimiste ». Mais dans la vraie vie, nous avons un travail, des relations et des sentiments, comme tout le monde, et si nous formulons des critiques, c’est dans le but de préserver tout cela.
Le morceau titre présente l’image d’un survivant errant sur d’autres planètes en quête de ressources, en dialogue avec cette idée d’une « seconde chance » au-delà de la Terre. Que vous révèle cette métaphore sur l’état actuel de l’humanité ?
Cette chanson porte en elle une sorte de « prédiction », compte tenu du modus operandi néolibéral reproduit dans une grande partie du monde actuel. C’est une manière ludique de représenter l’idéal colonialiste et exploiteur (sous diverses formes) qui a gouverné l’humanité ces derniers siècles, soulevant la question : peut-être que dans quelques milliers d’années, l’un d’entre nous envahira et pillera les ressources d’exoplanètes prospères, mais nous préférons nous tromper à ce sujet.
Nous pensons que ce « désenchantement » est précisément ce qui donne du sens à chaque chanson ; c’est ce sentiment d’urgence qui rend tout plus dynamique et viscéral ; ce sont précisément les déceptions quotidiennes qui engendrent le besoin de créer des paroles incisives et des instrumentaux énergiques.
Musicalement, l’album semble trouver un équilibre entre puissance, mélodie, rapidité et un chant très viscéral. Comment parvenez-vous à construire ce son pour qu’il accompagne et amplifie la force des paroles ?
Cela vient de nos influences diverses, allant du hardcore traditionnel au pop-punk, en passant par d’innombrables branches du rock et du métal, le hip-hop, et même un peu de shoegaze. Chacun apporte son propre bagage musical, et nous le peaufinons ensemble, en essayant de lui donner une identité, de la puissance et de l’originalité. Nous espérons y être parvenus !
Si vous prenez le temps d’écouter notre premier EP, « Animals Wandering in Space », vous remarquerez que le morceau le plus court est plus long que le plus long de notre nouvel album. C’est la principale différence entre nos anciens et nos nouveaux travaux. Vivre dans ce qu’on appelle « l’économie de l’attention » nous a fait comprendre que pour diffuser notre message, nous devions être beaucoup plus directs.
Au milieu de tant de critiques sociales, technologiques et existentielles, l’album sonne aussi comme une invitation à la réflexion. Après avoir écouté « The Parasite of the Galaxy », que souhaiteriez-vous conserver : un sentiment de malaise, une prise de conscience, un sentiment d’identification, ou une envie de réagir ?
Un peu de tout, car nous croyons que le collectif est composé d’individus, et que la société tout entière est formée par des milliards de cerveaux. Si nous parvenons à stimuler les connexions neuronales et à susciter une prise de conscience et une volonté de réagir chez chaque personne qui nous écoute, nous aurons déjà accompli une grande partie de notre mission.